Depuis quelques jours, circule le bruit que Firmin, en ce moment refugié au Consulat Français des Gonaïves, avait délégué quelques-uns de ses partisans pour rééditer à la capitale et d’autres villes de la République, la criminelle entre prise du 15 janvier dernier.
Le gouvernement mis en éveil s’empresse de prendre toutes les mesures nécessaires à la sauvegarde de la paix publique et, à cette fin, fit strictement surveiller les menées des individus dénoncés par la police et notoirement connus pour leurs opinions firministes et anti-patriotiques.
Des citoyens notables et honnêtes qui reçurent des propositions des chefs de la conjuration vinrent témoigner au Gouvernement leur indignation en protestant de leur dévouement à la paix publique, et lui remirent des lettres de Firmin qui, du Consulat des Gonaïves, entretenait ainsi la révolte au sein des population et la trahison parmi les officiers de l’Armée.
Le gouvernement fit donc redoubler de vigilance et hier soir, une patrouille parvint à arrêter les principaux chefs du complot avec des armes et des munition destinées à l’insurrection qui devait éclater à dix heures.
Mr. Massillon Coicou, en présence des preuves établissant sa culpabilité n’hésita pas à faire l’aveu de son crime et à dénoncer ses complices.
Les pièces trouvées en sa possession permirent à la police de reconnaitre que des officiers et même de la Gard du Gouvernement, gagnés à la cause des conjurés devaient assurer la réussite du mouvement, en attendant aux jours du Chef de l’État, des principaux lieutenants du Gouvernement.
Les individus pris les armes à la main reçurent le seul châtiment que méritait leur entreprise anarchique, et les officiers reconnus traîtres à leur devoir ont été déférés au Conseil militaire.
Le Gouvernement félicite la population de Port-au-Prince de son attitude calme, qui condamne cette nouvelle tentative des perturbateurs et s’empresse de réassurer les famille en leur promettant de maintenir avec le concours de ses auxiliaires et de ses amis, la paix publique, l’ordre et la sécurité, en dépit des projets insensés de ceux qui préméditent le renversement du Gouvernement établi pour satisfaire leur coupable ambition.
Donné au Palais National, à Port-au-Prince, le 15 mars 1908, an 105è de l’Indépendance
Nord Alexis
Président d’Haiti
📚 Source:
- Le Nouvelliste, Haiti. 10è Année, No. 2868, Lundi 16 mars 1908, p. 2.
Date de création: 13 mars 2025
Date de révision : 14 mars 2025