Textes et Documents » Catégorie : Histoire

📂 Mgr Ligondé, figure emblématique d’une société

Mgr François Ligondé, archevêque émérite de Port-au-Prince, décédé ce lundi 8 avril 2013,se retrouvait malgré lui au centre d’une guerre larvée générée par la passion morbide des opposants au régime de Duvalier. Prononcées d’abord en huis-clos, les dénonciations devinrent publiques dans les années 70 et s’intensifièrent à la suite du mariage du président Jean-Claude Duvalier et de la divorcée Michèle Bennett. Ces opposants ne lui pardonnaient jamais d’avoir accepté de célébrer ces noces, et d’avoir surtout publié auparavant une lettre pastorale démontrant la nullité canonique du précédent mariage de la future première dame.

Les prêtres de son archidiocèse, quant à eux, voulaient le voir s’impliquer dans un mouvement de théologie inspiré du marxisme et venant de l’Amérique du Sud. Des ressentiments à son encontre, ils en nourrissaient et guettaient la première occasion pour révéler leur » New York Times. 3 avril 1986). (suite…)

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📂 Être Dessalinien au XXIème siècle

Texte reçu le 27 juillet 2012

Par Jean Théagène

« Penser, n’importe comment, dire n’importe quoi procure toujours des satisfactions immédiates. A terme, quand les choses se tranchent, il vous faudra supporter l’insupportable. »

Franz Grillparzer

Jean L. theagene17 Octobre 1806 – 17 Octobre 2012 : Deux-cent six années de stupidité et de stupre depuis que le Génie de toute une race d’hommes patauge dans l’oubli coupable, l’indifférence crasse ou la finasserie trompeuse des tueurs de légendes ! Deux-cent six ans moins les quarante ans au cours desquels, les gouvernements de Pétion, de Boyer et des autres l’ont simplement ignoré ! Deux-cent six ans que ce Grand Général continue à hanter les coulisses de notre histoire comme pour nous rappeler notre impossibilité de concilier des valeurs de dignité, d’honnêteté, de prestige avec les petitesses et la cruauté de nos actes posés individuellement ou collectivement ! Deux-cent six ans de coprophilie historique qui continue à incommoder les narines immunisées des enfants du Pays Haïtien ! (suite…)
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📂 La tyrannie de la déraison

Texte reçu le 25 septembre 2012

Par Jean Théagène
Il est venu le temps de dire aux compatriotes haïtiens les vérités vraies, celles qui dérangent, qui handicapent, qui importunent, qui détraquent même, bref, celles qui suscitent des prises de conscience capables de ralentir la décomposition de la société haïtienne. Le temps est venu pour ceux qui ont de la voix de mettre en application le mot du Cardinal de Bernis : « Outrager est d’un fou, flatter d’un esclave. » Car, dans les deux cas, l’outrage et la flatterie ont fini par ternir la crédibilité qu’on avait dans l’épanchement des sentiments, la sincérité qu’on avait dans le cœur, la dignité dans les relations humaines.

Dignité ! Le grand mot . Je me demande souvent s’il ne serait pas bon de rajouter au préambule de notre Constitution le vocable DIGNITÉ devant l’impuissance des faiseurs d’histoire de colmater l’ambition hégémonique des colonisateurs. De 1804 à 1957, mon pays pris dans les filets de l’allégeance a cessé de marquer son allégeance à la dignité. Mais depuis, ce mot ne fleurit plus sur les banderoles des acteurs politiques, ces héros de substitution pour qui le pain passe avant l’honneur. J’ai vraiment mal en mon cœur qui saigne de voir notre pays livré aux enchères, nos vies confiées à de proches voisins, nos sites et paysages abandonnés, nos écoles remises à des maîtres obscurantistes. (suite…)

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📂 Haiti explose aux mains de l’occupant

Texte reçu le 21 mai 2012

Dr Jean L. Théagène
Une fois de plus, Haïti se présente sous les feux de la rampe. Non pas dans le faste de sa notoriété acquise au temps de l’embargo, non pas dans la luxuriance verbale des manipulateurs d’instances internationales, mais dans le chatoiement incarnat et même rouge vif du sang de ses enfants, du plus humble au plus brillant. Quels esprits démoniaques se sont-ils donc emparés des policiers haïtiens pour les rendre si imperméables aux attraits de la civilisation ? Comment le gouvernement Martelly, dont nous avons chaleureusement salué l’avènement, peut-il en ce jour du 18 Mai drainer tant de réprobations, de regrets, d’amertumes, de bassesses, de vilénies, de rancœurs, d’asservissement et d’écarts impardonnables ?

La manifestation des militaires dit démobilisés, le 18 mai 2012.
Des citoyens se réclamant des Forces armées d’Haïti
participent, le vendredi 18 mai 2012, à une manifestation
pour demander le rétablissement de leur institution.
Photo: Swoan Parker pour Reuters

De mémoire de journaliste, d’historien et d’homme politique, jamais Haïti, notre pays n’avait atteint ces limites d’opprobre, de souillures et d’avilissement. De Soulouque à Duvalier en passant par les horreurs bien compréhensibles du Cacoïsme version nordiste du Piquétisme, la dignité, la moralité collective n’ont jamais été soumises à tant d’épreuves. (suite…)

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📂 Un certain 18 mai: Marie-Claude Argnant…

Texte reçu le 18 mai 2012

Par Eddy Cavé
Marie-Claude Agnant 48 ans ans plus tardIl est dans l’histoire des peuples des dates dont on préserve la mémoire et qui inspirent chaque année une réflexion différente. Dates de victoires décisives comme Vertières, de catastrophes comme Waterloo, de tournants historiques comme le Bois Caïman. Le 18 mai 1803, jour où Catherine Flon aurait cousu à l’Arcahaie le premier drapeau haïtien, est une de ces dates. Des factions de l’armée indigène avaient déjà un drapea noir et rouge, mais Dessalines voulait d’un autre qui symboliserait l’union de tous les fils de la patrie. La petite histoire raconte que n’ayant pas de fil à sa disposition, Catherine Flon utilisa ses propres cheveux pour exécuter la commande.

Dans la vie des êtres humains, il y a aussi certaines dates qui ramènent régulièrement un lot de souvenirs heureux ou douloureux. Et quand elles coïncident avec des événements historiques, elles finissent souvent par perdre leur caractère individuel pour se fondre dans ces événements. Tel le geste frondeur, aujourd’hui oublié, posé le 18 mai 1964 devant un François Duvalier redouté de tous par Marie-Claude Argant, étudiante de première année à la Faculté de droit. (suite…)

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