Du pouvoir inconditionnel à l’indifférence absolue
Texte publié le mercredi 21 septembre 2011 à 20:05
Crises, Histoire: 1986 -, Politique et gouvernement, Société
Texte reçu le 13 septembre 2011
Par Jean L. Théagène
« On peut parce que l’on croit pouvoir »
(Virgile dans l’Enéide)
Le Pouvoir est un virus qu’on attrape et dont on guérit difficilement. Cette maladie n’épargne pas la plupart des leaders haïtiens en mal de messianisme. Chacun d’eux se croit investi d’une mission permanente de sauvetage de la Patrie ballotée par les raz de marée épisodiques d’une histoire toujours maintenue dans l’œil du cyclone. De 1804 à nos jours, aucun répit n’est laissé à une population plus portée sur les débordements de joie collective que sur les jeux de guerre qui se font fort de remplir les nécropoles. « Bon Dieu bon » reste toujours le refrain de l’haïtien authentique. Une charge intérieure d’espoirs dont pourtant personne ne tient compte. Au contraire, l’adversité simple, apanage de tous les humains, est utilisée comme agent corrupteur de vertus, spoliateur de valeurs de civilisation. Et l’on y substitue la fatalité aux serres rigides pour incurver l’histoire dans le sens de ses desseins et de ses intérêts.
C’est un peu l’aventure des mouvements politiques de ces vingt-cinq dernières années, à cette époque où le choix du leader coïncidait avec les aspirations du peuple trop longtemps maintenu hors des centres de décision. Ignorant délibérément l’étymologie anglo-saxonne du vocable leader ( to lead, anglais) signifie conduire, les soi-disant leaders se sont toujours placés en aval des protestations populaires pour mieux exploiter la fureur des flots. Ainsi, ils apparaissent comme des complices plutôt que comme des conducteurs. À la vérité, ils sont moins que des pleutres à la traîne de la populace. Car eux, ils ont conscience de ce qu’ils font et ce qu’ils font, ils les exécutent en experts. Grâce à cette méthode de combat, ils détiennent un pouvoir totalitaire, un droit de vie et de mort sur tous leurs concitoyens. Voilà ce qu’on appelle le Pouvoir absolu qui n’est autre que celui détenu par un seul être sur dix millions.
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19 septembre: Centenaire du décès d’Anténor Firmin
Texte publié le samedi 17 septembre 2011 à 20:10
Armée, Diplomatie, Essais, Exil politique, Histoire, Histoire: 1804-1915, Politique et gouvernement
Texte reçu le 16 septembre 2011
Ce 19 septembre ramène l’anniversaire d’Anténor Firmin, premier anthropologue haïtien, respectable nationaliste et homme politique.
Capois de pure souche, Anténor Firmin naquit le 18 octobre 1850. Avocat de profession, il exerça plusieurs charges dans l’administration publique dont celle de premier diplomate sous le gouvernement de Florvil Hyppolite. A ce poste, il déjoua le plan du grand voisin du Nord qui voulait s’accaparer du Môle Saint Nicolas pour en faire une base militaire.
Comme il était de coutume en Haïti, le successeur du gouvernement qu’il avait servi fit de lui un suspect et, pour s’en débarrasser, lui confia le portefeuille de ministre haïtien à Paris. Il ne tarda pas à abandonner ce poste et revenir dans sa ville natale où il reprit ses habits d’opposant. Il prit la tête d’une insurrection et établit même un gouvernement provisoire au Gonaïves.
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La Démocratie dans le Tiers- Monde : L’une des plus grandes impostures de l’Occident
Texte publié le samedi 11 juin 2011 à 12:23
Armée, Conditions économiques, Diplomatie, Economie et finances, Essais, Relations extérieures
Texte reçu le 8 juin 2011
Jean L. Théagène

Les participants et invités spéciaux au Sommet du G8
Dauville, France: 27 mai 2011
© Getty Images
Au terme de chacune des rencontres du G-8, le groupe des huit pays les plus industrialisés du monde, il s’en est toujours suivi des recommandations et des résolutions dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles restent dans la ligne d’affirmation de l’hégémonisme des grandes puissances du monde.
À l’initiative du Président de la France, M. Sarkozy, le gouvernement de la planète-terre s’est réuni au courant du mois de Mai dernier où il s’est proposé de redéfinir les concepts traditionnels du PIB, indicateur de croissance économique. Qu’importe le sort des démunis du Tiers-Monde pourvu qu’ils restent à leur place ! On pourra toujours leur concocter un « Nouvel Ordre Mondial » ou leur jeter à l’occasion nos surplus de stocks agrémentés de quelques reliefs de nos tables toutefois que nos caniches repus en auraient dédaigné l’aspect rébarbatif. On pourra toujours leur proposer, sous couvert d’ingérence humanitaire une aide en technologie moyenne. Il ne faut quand même pas leur donner les moyens de concurrencer notre technologie de pointe. Ou encore mettre à leur disposition quelques portions de nos produits excessifs avec l’effet boomerang d’un retour exponentiellement différé des dits profits. La liste des expressions pourrait s’allonger à l’infini.
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MINUSTAH: Corruption et arrogance
Texte publié le mardi 07 juin 2011 à 19:09
Armée, Conditions sociales, Criminalité, Histoire: 1986 -, Société

Des soldats Brésiliens de la Minustah
durant une manifestation à Port-au-Prince
Photo prise le 8 décembre 2010
© REUTERS/Kena Betancur
Ce dimanche 5 juin, des militaires appartenant aux forces de Nations-Unies en Haïti (MINUSTAH), se sont considérés au-dessus des lois du pays. Revenant d’un séjour aux États-Unis, ils ont refusé de se soumettre à l’inspection douanière obligatoire à l’aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince, et ont fait appel à leurs frères d’armes qui manu militari vinrent « interrompre le travail de vérification des douaniers, prendre [leurs] bagages et repartir avec [eux] »(1).
Imaginez le tollé que causerait les militaires Haïtiens qui agiraient de la sorte. Les sempiternels opposants y puiseraient leurs munitions pour blâmer et vilipender. Où sont-ils aujourd’hui? Ils sont devenus des observateurs prudent qui choisissent avec une extrême précaution leur bataille ne voulant pas perdre certains avantages. Il est beaucoup plus facile de questionner un arrêté présidentiel décrétant la fête de l’Ascension un jour de congé, que de s’attaquer aux puissantes forces qui nous humilient, mais détiennent le pouvoir des bourses.
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18 mai 1803 – 18 mai 2011: Le Pavillon en berne
Texte publié le mardi 17 mai 2011 à 06:15
Drapeau, Fêtes et célébrations, Histoire, Histoire: 1804-1915, Relations extérieures, Société
Texte reçu le 16 mai 2011
Par Jean L Théagène
Que peut représenter aujourd’hui pour un pays qui ne l’est plus, l’emblème d’étoffe qui flotte tous les jours au mât des édifices publics ? Quel sens donner encore au drapeau haïtien dont le 18 Mai rappelle la création dans cette enceinte féconde de l’Arcahaie giboyeuse à souhaits ? Quel symbolisme dégager de cette charge d’émotion ressentie par tous ceux qui, au hasard de leurs quotidiennetés, se retrouvent immobilisés en pleine rue, contemplant le frisselis du vent dans le tissu léger, témoin muet de tant d’horreurs liées à la fièvre des combats d’indépendance ? Ceux qui n’ont pas vécu, même en souvenirs ou en rêves, l’intensité des luttes de l’Aïeul désarmé face aux troupes aguerries du Conquérant Napoléon, ceux qui n’ont pas connu ou ne connaissent pas la violence des vibrations intérieures induites par la magie des hymnes nationaux dans l’espace ouvert des arènes simplement sportives, ceux qui ont pris depuis quelque temps, l’habitude sordide de la génuflexion ou de l’aplaventrisme devant les dieux de chair appelés à s’abimer dans des destins de poussière, ceux qui ne peuvent plus regarder le Soleil en face pour avoir trop traîné dans les grottes sombres des chiroptères et des coléoptères, ceux-là ne pourront jamais comprendre la profondeur de ces mots qui nous renvoient malgré nous à trois siècles d’histoire.
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