La CELAC: trois mémoires pour un point de non-retour de « notre Amérique ».
Texte publié le samedi 03 décembre 2011 à 16:45
Diplomatie, Politique et gouvernement, Relations extérieures
Texte reçu le 2 décembre 2011
Par Juan Manuel KARG
La Communauté des États Latino-américains et des Caraïbes (CELAC) fondée les 2 et 3 décembre 2011 à Caracas constituera sans aucun doute l’événement politique majeur de ces dernières années. Cet organisme remplace en effet une OEA (Organisation des États Américains) décrédibilisée par son alignement sur les États-Unis, par un organisme exclusivement latino-américain et politiquement pluraliste. Celui-ci réunira pour la première fois sans les USA ni le Canada, 32 chefs d’État sur un total de 33 pays représentant 550 millions de citoyen(ne)s sur un territoire de plus de 20 millions de kilomètres carrés. D’ores et déjà le président équatorien Rafael Correa a manifesté son souhait de voir se créer au sein de la CELAC une commission des droits de l’homme réservée aux latino-américain(e)s pour substituer une CIDH devenue caisse de résonance de campagnes médiatiques contre les gouvernements progressistes qui se multiplient en Amérique Latine.
Unité contre dépendance : une lutte historique.
Pour mesurer la portée historique de l’événement on peut se référer aux propos tenus par le président de la république bolivarienne du Venezuela – puissance invitante et l’une des principales forces d’impulsion du nouvel organisme : « Combien d’années de lutte. C’est un premier pas, ce n’est pas la victoire. Non. Mais c’est un premier pas. Parce que c’est en 1820 qu’a commencé la lutte dans ce continent.
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La Démocratie dans le Tiers- Monde : L’une des plus grandes impostures de l’Occident
Texte publié le samedi 11 juin 2011 à 12:23
Armée, Conditions économiques, Diplomatie, Economie et finances, Essais, Relations extérieures
Texte reçu le 8 juin 2011
Jean L. Théagène

Les participants et invités spéciaux au Sommet du G8
Dauville, France: 27 mai 2011
© Getty Images
Au terme de chacune des rencontres du G-8, le groupe des huit pays les plus industrialisés du monde, il s’en est toujours suivi des recommandations et des résolutions dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles restent dans la ligne d’affirmation de l’hégémonisme des grandes puissances du monde.
À l’initiative du Président de la France, M. Sarkozy, le gouvernement de la planète-terre s’est réuni au courant du mois de Mai dernier où il s’est proposé de redéfinir les concepts traditionnels du PIB, indicateur de croissance économique. Qu’importe le sort des démunis du Tiers-Monde pourvu qu’ils restent à leur place ! On pourra toujours leur concocter un « Nouvel Ordre Mondial » ou leur jeter à l’occasion nos surplus de stocks agrémentés de quelques reliefs de nos tables toutefois que nos caniches repus en auraient dédaigné l’aspect rébarbatif. On pourra toujours leur proposer, sous couvert d’ingérence humanitaire une aide en technologie moyenne. Il ne faut quand même pas leur donner les moyens de concurrencer notre technologie de pointe. Ou encore mettre à leur disposition quelques portions de nos produits excessifs avec l’effet boomerang d’un retour exponentiellement différé des dits profits. La liste des expressions pourrait s’allonger à l’infini.
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18 mai 1803 – 18 mai 2011: Le Pavillon en berne
Texte publié le mardi 17 mai 2011 à 06:15
Drapeau, Fêtes et célébrations, Histoire, Histoire: 1804-1915, Relations extérieures, Société
Texte reçu le 16 mai 2011
Par Jean L Théagène
Que peut représenter aujourd’hui pour un pays qui ne l’est plus, l’emblème d’étoffe qui flotte tous les jours au mât des édifices publics ? Quel sens donner encore au drapeau haïtien dont le 18 Mai rappelle la création dans cette enceinte féconde de l’Arcahaie giboyeuse à souhaits ? Quel symbolisme dégager de cette charge d’émotion ressentie par tous ceux qui, au hasard de leurs quotidiennetés, se retrouvent immobilisés en pleine rue, contemplant le frisselis du vent dans le tissu léger, témoin muet de tant d’horreurs liées à la fièvre des combats d’indépendance ? Ceux qui n’ont pas vécu, même en souvenirs ou en rêves, l’intensité des luttes de l’Aïeul désarmé face aux troupes aguerries du Conquérant Napoléon, ceux qui n’ont pas connu ou ne connaissent pas la violence des vibrations intérieures induites par la magie des hymnes nationaux dans l’espace ouvert des arènes simplement sportives, ceux qui ont pris depuis quelque temps, l’habitude sordide de la génuflexion ou de l’aplaventrisme devant les dieux de chair appelés à s’abimer dans des destins de poussière, ceux qui ne peuvent plus regarder le Soleil en face pour avoir trop traîné dans les grottes sombres des chiroptères et des coléoptères, ceux-là ne pourront jamais comprendre la profondeur de ces mots qui nous renvoient malgré nous à trois siècles d’histoire.
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De quelle couleur est Dieu?
Texte publié le samedi 02 avril 2011 à 19:58
Culture, Essais, Histoire, Politique et gouvernement, Relations extérieures, Religion, Société
Texte reçu le 29 mars 2011
Par Jean L Théagène
Ce n’est pas un point de religion que nous voulons soulever à travers ces lignes encore moins une thèse biblique ou philosophique que nous voulons soutenir. Mais à voir le spectacle d’un monde en déshérence et qui, même ainsi, parvient à établir des étapes dans cette espèce de déliquescence soutenue au bénéfice de certains et au détriment des autres, on se surprend à se poser des questions qui souvent restent sans réponse.
D’un côté, les pays hautement industrialisés, vautrant dans l’abondance issue du pillage du Tiers-Monde. De l’autre, les populations des P.M.A. quémandant au terme des évènements un droit fondamental de survie que la plupart du temps on leur refuse pour n’avoir pas su se munir au fil de leur histoire d’une monnaie d’échange susceptible de leur garantir un droit de parole dans les négociations interétatiques. L’indépendance et la souveraineté sont devenues des leurres, des illusions qui se profilent à l’horizon de certaines nations. Mais ce qu’il convient de retenir de ce spectacle hallucinatoire, c’est que rien n’a véritablement changé dans la rigidité de la hiérarchisation. Le tableau d’honneur participe d’une véritable complaisance providentielle quand il n’affiche pas carrément l’évidence des préférences divines en matière de concessions hégémoniques ou de primauté dans l’organisation du monde.
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Les lendemains du 20 mars
Texte publié le vendredi 18 mars 2011 à 19:54
Aristide Jean Bertrand, Crises, Duvalier Jean-Claude, Élections, Histoire: 1986 -, Politique et gouvernement, Relations extérieures, Société
Nathanaël, mon frère, que vois-tu à l’horizon?
Je vois une génération qui monte.
Je vois une génération qui descend.
Je vois une énorme génération qui monte.
Toute armée de foi dans l’avenir.
André Gide.
Par Jean L Théagène
La démocratie en Haïti n’est sans doute pas pour demain rien qu’à voir l’usage qu’on en fait, comment on le vide de son contenu et combien elle gagne en équivoque. C’est déjà parti et raté en même temps. Perdus les efforts méritoires initiés par Grégoire Eugène, Hubert Deronceray, Constant D. Pognon, Sylvio Claude et continués par tant d’autres en vue de l’implantation du pluralisme politique dans le paysage haïtien! La société haïtienne, il est vrai, faute de préparation a toujours considéré les programmes des partis politiques comme colifichets. Elle n’en a que faire. Elle préfère s’accrocher à la personnalité des hommes qui montent sur le podium. Et comme le « leader » tombe toujours du ciel, elle finit pour son malheur par le diviniser.
Le culte de la personnalité « ce mal qui répand la terreur », mal, disons-nous « que le ciel en sa fureur envoya pour punir », notre société nous a toujours fait prendre des vessies pour des lanternes. Nous nous acharnons à longueur de journée à transformer des êtres de chair en idoles et de là, à ce que ces derniers se muent en chargés de mission divine, voire en êtres immatériels doués de capacité surhumaine ou en prophète des temps modernes, il n’y a qu’un pas. Alors le nombre d’illuminés, d’excités, d’exaltés, d’oligarques, d’aventuriers, de messies en herbes, de faux prophètes, augmente de façon alarmante. Et dans ce jeu prométhéen d’un nouveau genre, les meneurs d’opinion qui s’y prêtent volontiers, affichent une légèreté déconcertante. Détenteurs d’une certaine autorité morale, ils ne sentent même pas que l’avenir de la nation est lié à l’à-propos de leurs interventions publiques.
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